Luz Saint-Sauveur

Luz Saint-Sauveur

Luz Saint-Sauveur est une petite cité sur la route du cirque de Gavarnie dans les Pyrénées.

A 1 km du centre, une eau sulfureuse à 33 degrés jaillit de la montagne. Des thermes s’y sont installés depuis longtemps.

Eugénie, femme de Napoléon III, venait déjà y prendre des bains. L’Empereur qui l’accompagnait, apprécia particulièrement son séjour et pour marquer son intérêt pour la ville, fit construire un pont au dessus d’un ravin vertigineux. Ce pont, appelé bien sûr aujourd’hui « Pont Napoléon » surplombe le torrent d’une centaine de mètres. L’empereur fit également bâtir une Chapelle, qui prit le nom de Solférino car elle fut érigée peu après la victoire, sur une butte au-dessus de la ville.

Nous sommes arrivés dimanche soir à l’hôtel Ardiden à quelques mètres des thermes. L’hôtel s’adosse à la paroi rocheuse. Le bruit de torrent en contrebas est omniprésent. Sur la route en lacets, des vélos de course passent régulièrement pour tenter l’ascension du Tourmalet, l’une des étapes mythiques du tour de France.

Lundi, nous découvrons les thermes. L’établissement garde beaucoup de cachet venu d’une gloire passée. La salle de repos se tient dans un grand hall aux colonnes de marbre, face à une immense verrière qui regarde la montagne. D’autres salles sont réservées aux curistes pour des soins faits de bains, de jets, de massages …

Lundi est aussi le jour du marché de Luz. Les producteurs locaux sont là pour vendre leurs légumes, fruits, vins …Le soir, l’office de tourisme présente les activités de la semaine au jardin public.

Luz Saint Sauveur se trouve au fond d’une vallée aux pentes abruptes. Les cimes sont découpées. Des installations pour le ski se font voir sur les faces nord. En quête de sensations, de hardis touristes descendent le long de câbles en tyrolienne au-dessus de la vallée. D’autres encore se lancent au saut à l’élastique du pont Napoléon III.

Une curieuse église fortifiée datant du 11ème siècle est érigée au milieu du bourg. Les remparts sont intacts et devaient permettre à la population d’y trouver refuge. Cette église dédiée à Saint André est attribuée aux Templiers.



Luz Saint-Sauveur
Luz Saint-Sauveur
Luz Saint-Sauveur
Luz Saint-Sauveur
Luz Saint-Sauveur

Le berger Laurent

Le berger Laurent

Le berger Laurent élève 30 vaches et 150 moutons sur les flancs de la montagne qui grimpe au col du Tourmalet. A la mi-mai, il monte son troupeau dans les estives pour le laisser paitre en liberté. Puis il redescend dans la vallée, mais toujours avec la crainte des visites de l’ours, des vautours fauves et du renard...

Deux fois par semaine, il part à 4 heures du matin pour retrouver son troupeau, vérifier son état et soigner les bêtes qui en ont besoin. Avec ses chiens, un labrit (berger des Pyrénées) et un border collie, il regroupe les brebis dans le parc attenant sa cabane de berger et commence par les compter. Ce jour là, il en manquait une dizaine. Elles étaient sans doute restées cachées à l’ombre des rochers. Mais en revanche, il y avait là une brebis marquée de rouge qui provenait d’un autre troupeau ! Les bêtes se jettent sur le sel que Laurent a étalé sur les pierres plates, puis elles repartent toutes seules dans leurs zones de pâturage.

Laurent soigne les petites et plus grosses blessures de ses bêtes. Pour les gerçures, il applique de la graisse de porc, afin d’éviter que les mouches ne pondent dans les plaies. L’estive dure jusqu’à l’automne, et à la mi-novembre ou aux premières neiges, Laurent vient chercher le troupeau pour le mettre à l’abri pendant l’hiver.

Dans la vallée, il exploite une vingtaine d’hectares de prés pour les foins d’hiver qu’il coupe une première fois en juin (foin) et une autre fois en août (regain).

L'activité pastorale est en régression. Le manque de productivité pousse les jeunes vers les zones géographiques plus plates qui se prêtent mieux au machinisme. Les bergers qui continuent dans la montagne, ont souvent en plus une activité liée au tourisme.

Le berger Laurent a choisi la qualité pour sa production. La viande est proposée en AOC Barèges-Gavarnie, ce qui lui permet de bénéficier d'un prix de vente nettement plus intéressant. La qualité et le goût de la viande sont liés en particulier à la présence de serpolet et de réglisse particulièrement abondants dans les pâturages.

De juin à novembre, les brebis prennent le chemin de boucherie entre 2 et 6 ans avec un poids minimum de 22 kg. Les mâles castrés appelés doublon s'apprécient encore davantage.

L’ours

L’ours a été réintroduit il y a deux décennies, avec des spécimens venant de Slovénie, car la souche pyrénéenne avait disparu depuis un demi-siècle.

Laurent ne porte pas l’ours dans son cœur… Son troupeau a été attaqué à plusieurs reprises. Lorsque l’ours s’introduit dans le troupeau, il choisit généralement la plus belle des femelles. En passant, il peut blesser d’autres bêtes qui pourront parfois s’échapper et mourront petit à petit dans un coin. Heureusement, les pertes sont compensées avec les aides de l’état, mais seulement si les bêtes attaquées sont retrouvées, ce qui n’est pas toujours le cas.

L’ours peut aussi représenter un danger pour l’homme. En 2011, un homme a été attaqué sur le versant espagnol.



Luz Saint-Sauveur

Les vautours fauves

Les vautours fauves

Les vautours fauves, comme les aigles et les gypaètes peuvent atteindre 2,8m d’envergure (ailes déployées). Les aigles s’intéressent aux petits mammifères vivants comme les marmottes. Les gypaètes préfèrent les os qu’ils récupèrent dans les carcasses et qu’ils cassent pour récupérer la moelle épinière. Les vautours sont des charognards et mangent donc les animaux morts.

Sur notre sentier, nous avons croisé un groupe de vautours fauves. Ils pullulent ici depuis que les charniers d’animaux à ciel ouvert ont été fermés de l’autre coté de la frontière avec l’Espagne. Les vautours ont dû changer leurs habitudes alimentaires et s’intéressent maintenant aussi aux animaux blessés, voir aux agnelages, qui provoquent des situations critiques desquelles les vautours fauves peuvent tirer avantage.

Le renard

Le renard est un autre prédateur, intéressé par les petits de la brebis. Dans les 10 premiers jours de la mise bas, la brebis reste sur place pour protéger son petit continuellement. Au bout d’un certain temps, elle doit de nouveau se nourrir et un moment d’inattention peut suffire au renard pour attraper le petit.



Les moutons des Pyrénées

Les moutons des Pyrénées

Le cirque de Gavanie

Le cirque de Gavanie

Le cirque de Gavarnie est mondialement connu. Il a été classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. Nous le découvrons à la nuit tombante en allant voir le Cid qui est représenté dans le cirque.

Le cirque présente des falaises abruptes qui forment un demi-cercle. Des chutes d’eau tombent des hauteurs. Quelques neiges éternelles sont tapies sur la face nord. Les parois semblent impossibles à gravir.

La pièce de Corneille dispose ici d’un cadre exceptionnel. Rodrigue et Chimène occupent l’espace bien au delà de la scène. Des chevaux complètent les tableaux. Un nouveau spectacle est créé chaque année dans ce théâtre de verdure.



Le Cid dans le cirque de Gavanie

Le Cid dans le cirque de Gavanie
Le Cid dans le cirque de Gavanie

François grimpe le col du Tourmalet

François grimpe le col du Tourmalet

Vendredi : Je me lance dans l’ascension du Col du Tourmalet. Le départ est donné chez le loueur de vélo de Luz Saint Sauveur à 10h30. Il faut préciser que je ne suis jamais monté sur un vélo de course et que cela fait 6 mois que je n’ai pas fait de vélo...

L’objectif n’est pas de battre un record, mais simplement de réussir à atteindre le sommet ! La montée commence tout de suite très raide. Les pauses pour maitriser la respiration deviennent indispensables. Au premier village, j’achète quelques pommes et oranges et refais le plein d’eau potable à la fontaine.

Puis je reprends la montée. Je me fais doubler par des vélos qui parlent toutes les langues : anglais, italien, allemand entre autres. Des femmes font aussi la montée. A 4 kms du col, j’achète un sandwich et un café. Les derniers lacets sont les plus durs. La pente est de 10% et la route de plus en plus étroite. A 16h30, j’arrive au col dans des voiles de nuages.

Je pose pour la photo souvenir, profite encore du réconfort du bar du lieu. Puis j’entame la descente sous la pluie et dans le brouillard. J’ai les mains sur les freins en permanence et reviens au départ sain et sauf, mais trempé jusqu’aux os. Une bonne fatigue s’installe. Je pense que demain, je serai moins ambitieux dans mon programme sportif, style grasse matinée, petite promenade jusqu’au château moyenâgeux.



Le château de Luz Saint-Sauveur

Le château de Luz Saint-Sauveur

Le château domine le bourg de Luz. A partir du village, son donjon et ses grands murs impressionnent. Arrivé au pied du château, on n’est plus convaincu de sa capacité à défendre quoi que ce soit. Si les deux tours permettent encore d’abriter quelques soldats, le reste de la construction ne semble d’aucune utilité. On dit même qu’il a été créé pour surveiller le bourg et non pour le défendre.



Auberge le Maillet

Auberge le Maillet

A 1 heure de Luz, en haut d’une route sinueuse à 1800 mètre d’altitude, nous découvrons l’Auberge Le Maillet qui est campée au fond du cirque de Troumouse avec des falaises presque verticales, des chutes d’eau et des bruits des clochettes des chèvres qui doivent être perchées au milieu des falaises. C’est une grande maison en pierre qui restaure et loge les randonneurs. A notre menu, un velouté de courgettes et un rôti d’agneau du pays avec de la semoule. Au dessert, du gâteau basque avec une touche de myrtilles.

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